Enquêtes et débats
Responsables éditoriaux pour ce numéro : Anne-Lise Rey et Solange Gonzales
Entre territoire et environnement, entre production matérielle et données immatérielles, entre nature et culture, et enfin entre art et science, le paysage, cette « étendue de pays que l'on peut embrasser dans son ensemble » apparaît sur le plan des idées et des pratiques bien plus difficile à cerner. La question qui sous-tend ici l'ensemble des textes est celle de la pertinence de l'opposition à son égard de la science et de l'art. On voit la notion de paysage évoluer très sensiblement. Il est le produit d'un dynamisme naturel, plus ou moins lent et violent, qui anime la terre en son ensemble et qui la rapproche ainsi des mécanismes producteurs strictement humains. Les paysages naturels apparaissent ainsi comme les artéfacts d'une puissance naturelle en pleine évolution. C'est ce dont témoignent certains peintres au tournant des XVIIIe et XIXe siècles mais également les créateurs des « jardins à la française » qui font de leur objet le résultat d'un processus d'humanisation de l'espace. C'est l'œil ou encore le corps du promeneur qui devient central dans l'élaboration de ces jardins. C'est également sur la nécessité de dépasser les discours convenus sur le paysage, qu'ils s'énoncent comme discours paysagiste (artistique) ou comme discours paysager (scientifique), qu'il convient d'insister afin de concourir à l'élaboration d'une tierce discipline capable de procéder à la « relève » de ces approches plurielles.
L'ensemble de ces textes plaide ainsi pour une réflexion sur les conditions de possibilité de compréhension de cette réalité hybride, mais forcément habitée, qu'est le paysage, cet « endroit où le ciel et la terre se rencontrent » (Michel Corajoud).
Sur un autre volet, le numéro 4 de
Projets de paysage livre trois traductions partielles d'œuvre. Deux d'entre elles concernent des écrits de paysagiste, la troisième d'un géographe. Elles confirment combien le projet de paysage se nourrit des disciplines scientifiques qui, du point de vue du temps ou de l'espace, ont étudié le paysage.
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